Apiculture: le blog d'un apiculteur français

25 août, 2011

flore mellifere – la renouee du Japon

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La Renouée du Japon ou Renouée à feuilles pointues (Fallopia japonica, autrefois aussi nommée Polygonum cuspidatum ou encore Reynoutria japonica) est une espèce de plante herbacée vivace de la famille des Polygonaceae originaire d’Asie orientale, naturalisée en Europe dans une grande diversité de milieux humides.

Cette plante herbacée très vigoureuse est originaire de Chine, de Corée, du Japon et de la Sibérie. Elle est cultivée en Asie où elle est réputée pour ses propriétés médicinales. Naturalisée en Europe et en Amérique, elle y est devenue l’une des principales espèces invasives ; elle est d’ailleurs inscrite à la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature des 100 espèces les plus préoccupantes.

Historique

Philipp Franz von Siebold, médecin officier de la compagnie des Indes orientales en poste à Nagasaki entre 1823 et 1829, récolte certains pieds de cette renouée. Il l’introduira dans son jardin d’acclimatation en 1825, à Leyde en tant que plante ornementale, mellifère et fourragère. Elle est apparue en France la première fois en 1939.

Description

Cette grande plante vigoureuse a des tiges creuses érigées, rougeâtres, semblables à des cannes de bambou, de 1 à 3 m de haut. Sa croissance peut être de plusieurs centimètres par jour (de 1 à 8 cm d’après Brock). Les tiges aériennes meurent l’hiver et seuls persistent des bourgeons au niveau du sol (c’est une hémicryptophyte).

Les feuilles inférieures largement ovales-triangulaires atteignent 15-20 cm de long et sont brusquement tronquées à la base. Elles sont alternes.

Les petites fleurs blanches apparaissant en septembre-octobre sont disposées en panicules à l’aisselle des feuilles (au niveau de l’ochréa). Elles comportent 5 tépales persistantes, 8 étamines et 3 styles. Le fruit est un akène de 2-4 mm de long. Pollinisées par les insectes, les fleurs fournissent une source intéressante de nectar à une époque de l’année où les fleurs se font très rares. En France, les graines sont peu fertiles et la reproduction se fait surtout par multiplication végétative par l’intermédiaire de longs rhizomes, de fragments de rhizomes dispersés ou de boutures de tiges.

La plante est considérée par Beerling et collaborateurs comme gynodioïque : elle comporte des individus mâles-stériles et des individus hermaphrodites. Aucun individu mâle-fertile n’est connu en Grande-Bretagne pour la var. japonica.

Pour Lambinon et collaborateurs, les fleurs de cette renouée (observées en Belgique et nord de la France) « en apparence hermaphrodites dans le jeune âge, se comportent comme unisexuées – et les individus comme dioïques- : les fleurs dites femelles (ou mieux « mâles-stériles ») montrent de petites anthères restant incluses dans le périgone et des stigmates bien développées, tandis que les fleurs dites mâles (ou mieux « mâles-fertiles ») ont leurs anthères exsertes et productrices de pollen. Chaque colonie, s’étendant par voie végétative, est normalement formées d’individus semblables entre eux ».

La renouée du Japon affectionne les zones alluviales et les rives des cours d’eau où l’humidité et la richesse nutritive du substrat lui permet d’avoir une croissance optimale, conduisant à des peuplements monospécifiques. Elle peut former de larges fourrés denses. On la trouve aussi dans les milieux rudéralisés (bords des routes, alentours des jardins, terrains abandonnés). Elle s’adapte mieux aux terrains acides que basiques (il s’agit probablement d’un préjugé car on trouve des renouées sur des sols alluviaux alcalins à Ph 8.24 par exemple).

Elle est largement répandue en Europe occidentale et centrale. Elle a colonisé l’ensemble de la France.

Elle peut être détruite en un an ou deux grâce à la plantation d’orties : les orties tuent les renouées. (Aucune référence scientifique n’étaye cette affirmation et des résultats scientifiques récents prouvent au contraire que les orties n’ont aucun effet sur le développement des renouées du Japon.)

Caractéristiques

  • organes reproducteurs:
    • Type d’inflorescence: épi de cymes triflores
    • répartition des sexes: hermaphrodite
    • Type de pollinisation: anémogame
    • Période de floraison: fin juillet à septembre
  • graine:
    • Type de fruit: akène
    • Mode de dissémination: barochore

La plupart des graines issues d’individus hybrides ne sont pas viables et le mode essentiel de dissémination des renouées du Japon est végétatif.

  • Habitat et répartition:
    • Habitat type: friches et lisières vivaces médioeuropéennes, eutrophiles, mésohydriques à mésohygrophiles
    • Aire de répartition: introduit (Asie orient.)

Utilisations

  • En Europe, c’est une plante mellifère intéressante pour les apiculteurs car elle fleurit à la fin de l’été, à une époque où peu de fleurs subsistent. Mais pour cela, les renouées du Japon auront fait dispararaitre d’autres plantes à fleurs, indigènes celles-ci. Les apiculteurs du nord-est des États-Unis en font un miel monofloral, appelé « miel de bambou » (bamboo honey), de couleur brun foncé, corsé comme le miel de sarrasin.
  • Consommation en Europe

Il n’est pas prudent de consommer des renouées récoltées en Europe, car la majorité des massifs s’est développés sur des sols artificiels9. La probabilité que ces sols soient pollués et que la végétation qui se développe dessus impropre à la consommation humaine, est donc très importante.

  • Usages alimentaires et médicinaux au Japon
(cette section est issue d’une traduction partielle de l’article de Wikipédia en japonais intitulée イタドリ)
Les jeunes pousses sont consommées crues ou cuites. Au printemps, les jeunes pousses, semblables à celles du bambou, sont cueillies avant que la tige et les feuilles ne se séparent. On enlève l’écorce et on les mange crues. Les enfants les ramassent sur les bords des chemins et les mâchent en marchant. Elles ont un goût acide en raison de la présence d’acides organiques et en particulier d’acide oxalique qui leur donne une certaine âpreté. Leur consommation en trop grande quantité à l’état naturel peut avoir des effets néfastes sur la santé.
Un usage mieux approprié consiste à les faire bouillir puis à les passer à l’eau froide. Elles perdent ainsi leur âpreté mais aussi leur saveur agréablement acidulée.
L’hiver quand les tiges commencent à dépérir, on arrache les rhizomes et on les met à sécher. On les appelle kojôkon (虎杖 racine de canne de tigre). Elles servent dans la pharmacopée traditionnelle pour amollir les selles et faciliter l’évacuation urinaire. Les jeunes feuilles malaxées sur des éraflures qui saignent stoppent l’hémorragie et calment la douleur. D’où le nom de la plante itadori (痛取 イタドリ ôte-douleur).
Recette avec les pousses (gonpachi des préfectures de Kôchi et de Wakayama) : enlever la « peau » externe des jeunes pousses du printemps, malaxer avec du sel et faire sauter à la poële. Assaisonner avec du sucre, de la sauce soja, du saké, de l’alcool de riz mirin, de l’huile de sésame. Saupoudrer de bonite râpée et servir.
Recette avec les jeunes feuilles : ébouillanter les jeunes feuilles, les passer sous l’eau froide, puis les laisser mariner une demie journée dans de la sauce pour les nouilles relevée par quelques épices. C’est alors un légume lisse et d’un goût délicieux.
Pendant la guerre, quand il y a eu pénurie de feuilles de tabac, on a mélangé au tabac des feuilles d’itadori.
En Inde et en Asie du Sud-Est, on utilise les feuilles d’itadori surtout comme rouleau à chiquer.
  • Usages médicinaux en Chine
Le rhizome séché et les jeunes feuilles de cette renouée (appelée 虎杖 huzhang en chinois) sont utilisés comme matière médicale en Chine. Ils sont inscrits à la Pharmacopée Chinoise (1999). Le rhizome est utilisé comme analgésique, antipyrétique, diurétique, expectorant, dans le traitement de la bronchite chronique, l’hépatite, la diarrhée, le cancer, l’hypertension, l’athérosclérose, la leucorrhée, une brûlure, une piqure de serpent.

Composition chimique

La renouée du Japon est la plante connue pour être la plus riche en resvératrol, une molécule trouvée aussi dans le vin rouge, qui n’a cessé de susciter depuis les années 1990 un intérêt toujours renouvelé de la part des biologistes et des revendeurs de compléments alimentaires. Les rhizomes accumulent de 20 à 50 fois plus de resvératrol que les autres parties. Pour Bae et Pyee (2004), les rhizomes contiennent environ 197 μg/g MS de resvératrol alors que les tiges n’en ont que 9 et qu’aucune trace n’a été détectée dans les feuilles. Une trentaine de constituants ont été isolés dans les rhizomes. Les composés ayant un intérêt pharmacologique peuvent être regroupés dans les cinq classes suivantes : les anthraquinones, les stilbènes, les flavonoïdes, les lignanes et les composés phénoliques.

Constituants du rhizome de Fallopia japonica (Polygonum cuspidatum)
Famille Composés
Anthraquinones Emodol (émodine) et ses glucosides, glucoside d’émodine-8-O-(6′-O-malonyl), physcione
Stilbènes Resvératrol, glucoside de galloyl resvératrol, picéide
Flavonoïdes Catéchine et ses dérivés, gallate de dimère procyanidol
Composés phénoliques Acide gallique, acide benzoïque

Les anthraquinones, aux doses thérapeutiques habituelles, sont des laxatifs stimulants. L’émodol a aussi des propriétés oestrogéniques. Les flavonoïdes comportent quelques puissants antioxydants.

Les stilbènes comportent le resvératrol et ses dérivés, aux propriétés pharmacologiques prometteuses. Le resvératrol est présent à des doses suffisamment importantes pour permettre une extraction par l’industrie pharmaceutique. La quantité de constituants de la racine « de P. cuspidatum ramassé dans diverses régions de Chine varient considérablement suivant les conditions de culture, le procédé de séchage, les conditions de stockage etc. ». (Zhang et al.). Ces auteurs donnent la fourchette suivante : de 6 à 29 μg/g MS de resvératrol (par chromatographie en phase inverse RP-HPLC). Par une autre méthode (chromatographie sur couche mince HPTLC), Zhao et collaborateurs (2005) trouvent 1810 μg/g MS.

L’industrie chinoise traiterait actuellement 6 000 tonnes de rhizomes de F. japonica et proposerait 60 tonnes d’extraits plus ou moins purs sur le marché. De nombreux compléments alimentaires riches en resvératrol sont apparus sur le marché. Ils associent en général aux polyphénols du raisin, des extraits de renouée du Japon, fournissant un resvératrol abondant et meilleur marché.

La plante serait donc une source de revenu importante dans son pays d’origine, mais elle n’y est pas invasive et ne provoque pas de dommages aux milieux naturels comme dans les régions où elle a été introduite.

Nuisances créées par son invasion

Considérée comme une plante très décorative, elle a longtemps été introduite dans beaucoup de jardins et vendue par des jardineries. Dépourvue de prédateurs locaux et de compétiteurs, elle s’est avérée très invasive et donc défavorable à la biodiversité. D’un développement très rapide, sa progression se fait au détriment de la flore locale (comme l’angélique des estuaires, Angelica heterocarpa Lloyd, endémique de quelques estuaires), mais aussi de la diversité en vertébrés et surtout d’invertébrés (abondance totale diminuée en moyenne d’environ 40% sur les cours d’eau inventoriés, avec un nombre de groupes d’invertébrés diminué de 20 à 30%). Ceci expliquerait que comme d’autres plantes invasives, la renouée fasse reculer les populations d’amphibiens, reptiles, et oiseaux ainsi que de nombreux mammifères des habitats ripicoles, car ces derniers dépendent directement ou indirectement des espèces herbacées autochtones et/ou des invertébrés associés pour leur survie. La renouée est fréquente sur des néo-sols et milieux dégradés et pauvres en biodiversité du fait de son mode de propagation par transport de fragments de rhizome (rivière, engins de chantier et agricoles, autres véhicules…). Il est très difficile de l’éliminer (persistance des rizhomes). Sa vigueur et la rapidité de sa propagation sont tel qu’un petit foyer peut rapidement coloniser les abords jusqu’à former des massifs de plusieurs dizaines de mètres carré, prenant le pas sur la végétation locale basse – même bien implantée. Se développe aussi à sa suite, l’espèce de fourmis tout aussi invasive, Lasius neglectus, provenant de l’ouest de la Mer noire. Elle y trouve une nourriture abondante grâce aux nectaires à la base des feuilles de renouée.

En Europe

Introduite en Europe au XIXe siècle, notamment au Pays-Bas, comme plante ornementale des jardins, les renouées du Japon se sont naturalisées à la fin du XIXe siècle mais n’ont commencé leur colonisation exponentielle qu’au milieu du XXe siècle. Elles se sont répandues sur les terrains remaniés, le long des axes routiers et des voies ferrés et surtout le long des cours d’eau posant de graves problèmes écologiques. Les activités humaines, surtout par le déplacement de terres contaminées par des rhizomes, à l’occasion de travaux de génie civil et rural, et les crues, qui arrachent ces mêmes rhizomes (ou des tiges vertes) aux berges, sont les vecteurs essentiels de dispersion de la plante. En raison de problème de fertilité, la dispersion des graines reste assez anecdotique.

En Grande-Bretagne, la loi interdit de disperser volontairement la plante et impose d’éradiquer la plante des terrains constructibles.

En France, une loi existe aussi contre les introductions, volontaires ou non, d’espèces invasives (L411-3) mais elle ne s’applique pour l’instant qu’aux Jussies.

En Amérique du Nord

Elle a aussi été introduite en Amérique du Nord d’abord sur la côte ouest et sur la côte est des États-Unis et en 2005 les deux vagues de colonisation se sont rejoints à l’intérieur du pays. Sa progression vers le nord est jusqu’au nord du fleuve Saint-Laurent au Canada a été observée pour la première fois vers 1942 dans le quartier de Limoilou de la ville de Québec. Elle est maintenant présente à l’orée de la forêt boréale canadienne. Partout où elle s’installe, plus rien d’autre ne pousse. La province de l’Ontario lui attribue une certaine importance

Les renouées du Japon bloquent les successions végétales naturelles en empêchant la régénération des autres plantes par semis ou rejets. Elles constituent donc une réelle menace pour l’équilibre biologique et physique des ruisseaux, des rivières et des ripisylves.

Méthodes de lutte

Les méthodes de lutte associe des mesures préventives et des mesures éradicatrices ou compensatoires.

Les techniques préventives regroupent toutes les mesures permettant d’éviter la dispersion volontaire ou involontaire de la plante, ou d’éviter son implantation sur un site (destruction précoce de la plante avant que celle-ci s’enracine).

Techniques éradicatrices mécaniques

La plante est très difficile à éradiquer, notamment en période végétative, car elle est capable de réparer très rapidement (en quelques jours) ses tissus endommagés. S’attaquer à la partie aérienne de la plante (tiges et feuilles) n’empêche pas la survie de la partie vivace enterrée dans le sol. De plus, les fauches peuvent favoriser la dispersion de la plante puisque les tiges coupées se bouturent très facilement. L’extraction des rhizomes est très fastidieuse et illusoire, car leur densité dans le sol est très importante. De plus, il suffit d’un fragment de rhizome portant un bourgeon pour régénérer la plante.

Il n’existe donc pas encore de moyens mécaniques totalement efficaces pour éradiquer la plante, mais des essais sont en cours en France pour détruire la partie vivace et souterraine de la plante.

Techniques éradicatrices chimiques

L’utilisation de produits chimiques est très souvent compliquée (respect de conditions strictes d’application, suivi sur plusieurs années) et impossible, notamment au bord des cours d’eau et des zones humides, les herbicides étant interdits à moins de 5 m de ceux-ci. On peut couper au niveau de la tige et mettre du gros sel à l’intérieur. Il s’agit d’une méthode longue, qui ne peut donc être assimilée à une technique d’éradication, et encore peu connue, qui serait néanmoins le meilleur moyen de se débarrasser de cette invasive (il est toujours hasardeux de se lancer dans des techniques mal connues).

Techniques compensatoires

Elles regroupent toutes les mesures visant à compenser les impacts de la plante, comme les plantations, semis et fauches pluriannuelles afin de permettre à d’autres plantes de se développer. Les fauches présentent toutefois le risque de propager la plante sur d’autres sites, par l’intermédiaire de tiges coupées qui se bouturent très facilement.

Lutte biologique

Dans le cadre de la lutte biologique, il a été envisagé de trouver un prédateur naturel de la renouée, dans son aire d’origine. La Grande-Bretagne a ainsi annoncé le « mardi 9 mars [2010], que des insectes seraient lâchés sur deux puis six sites, tenus secrets, avant une éventuelle généralisation». Ces insectes sont des Aphalara itadori, une petite Psyllidae elle aussi originaire du Japon, et qui, testée en laboratoire, n’a « montré aucune appétence pour les plantes indigènes du Royaume-Uni ». En France, le Parc de Saint Périer à Morigny-Champigny en Essonne s’apprête à développer une nouvelle méthode encore méconnue dans l’hexagone : l’écopastoralisme, soit la lutte contre la Renouée avec l’aide de chèvres des fossés.

source article: http://fr.wikipedia.org/wiki/Renou%C3%A9e_du_japon

source photo http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Fallopia_japonica2.jpg

source photo http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Fallopia_japonica3.jpg

source photo http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Pousse_Polygonum_cuspidatum.jpg

source photo http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fallopia_japonica_10_ies.jpg

source photo http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fallopia_japonica_MdE_2.jpg

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